Je fabrique des objets et je les déploie quelque part

Comment s’y prend-on pour faire flotter un cerf-volant à l’intérieur? Pourrait-on étudier de près un écrasement d’avion non-violent, vu en coupe, assis juste à côté sur une chaise? Est-il possible de déployer un parachute au-dessus de soi, en toute sécurité? C’est que mes aventures se jouent, la plupart du temps, en circuit fermé. En atelier, marteau en mains.

Il est certainement possible de déployer un parachute à l’intérieur, tout doucement. Cependant, il faudra accepter que s’invitent dans l’expérience de petites et grandes stratégies, des éléments perturbateurs. Et surtout, y voir apparaître toutes ces distorsions, venues d’une vie littérale qui exprime d’abord le poids des choses. L’on se sent alors entraîné par des métaphores qu’on n’avait pas vues venir. Car les formes et les matériaux de sculpture viennent toujours de quelque part, et c’est exactement là que nous entraîne la gravité.

Ces distorsions qui s’imposent à la pureté des rêves qu’on se fait, elles ont le droit d’exister, jusqu’à en devenir envahissantes de matière, surabondantes de solutions. Ensuite, l’air qu’on respire en atelier devient porteur : l’on peut en enrober les machines à voler, l’on peut s’y suspendre, clouer et visser dedans, l’attacher, ou le mettre en ballots pour la prochaine fois.