Je fabrique des objets et je les déploie quelque part

En ébénisterie, il est une expression qui me plaît, celle d’avoyer les scies. Donner de la voie, c’est s’assurer que les lames passent facilement, dans un trait de scie plus large. C’est faire en sorte qu’elles ne coincent pas, qu’il ne se perde pas d’énergie inutilement. Ouvrir une voie à quelqu’un, c’est faire de la place autour pour qu’il puisse mirer son chemin et apporter sa participation active dans le monde.

En parlant des scies, les vieux disent donner du chemin. Sur les autoroutes, les brise-vent contribuent aussi à donner de la voie, les jours de poudrerie. Pensons notamment à ces plantations de mélèzes qu’on admire sur des kilomètres de distance, qu’on discerne un à un, vus de côté, sinon en longues bandes vertes ou orangées, selon la saison. Alignée vers l’entrée de la passerelle de l’école, s’ouvre une voie, une percée visuelle au travers des cinq pointes, vues en raccourci. En circulant autour, l’ensemble va se distendre, puis laisser apparaître chaque unité de cette installation, tout comme un arbre dans une plantation.